Étude de cas : Paris Descartes : Des étudiants auditeurs

Philippe Lafage,  enseignant au département GEA (gestion économique appliquée) de l’IUT de Paris Descartes, explique comment la RSE s’est implantée et est pratiquée depuis dans son établissement.

Quelles sont les pratiques RSE les plus adaptées à la formation dispensée par votre établissement ? Comment devraient-elles être étudiées selon vous ?

Le contrôle de gestion, quand il est bien fait, me semble travailler pour la permanence durable de l’entreprise. En tant qu’enseignant de système d’information, intégrer des indicateurs élargis de nature non monétaire et l’intégrer à un système existant ne me semble pas hors de portée. Quand les professeurs sont sensibilisés à ce concept, tous les cours peuvent se conclure par un chapitre présentant l’enjeu du développement durable pour la discipline étudiée. Pour l’heure, le mieux est de faire travailler les étudiants sur des textes et de regarder comment les normes évoluent et enfin comment les entreprises tentent de s’adapter à ce nouvel enjeu.

Au sein de votre établissement, comment la formation à la RSE se formalise-t-elle?

Au département GEA, j’ai commencé par élaborer un programme tutoré de 90 heures d’activités pédagogiques aboutissant à la production et au pilotage d’un projet humanitaire. Puis je me suis intéressé au travail du Medef (syndicat) des Jeunes Dirigeants d’Entreprise (CDJ), qui défend l’idée d’un libéralisme responsable. J’ai donc inscrit mes étudiants à un concours national de projet de mesure de performance globale (les « tripple bottom line analysis »). Devant la réticence des PME à laisser entrer les jeunes dans leur entreprise afin de procéder à des interviews et des mesures, je me suis tourné vers les collectivités locales. Nous en sommes venus à faire réaliser dans le cadre des projets tutorés une analyse contextuelle du contenu des mesures en faveur de la RSE et du développement durable dans leurs rapports annuels. Loin des trop nombreux discours très orientés sur la communication dans ce domaine, je considère que la rigueur d’un auditeur extérieur peut être utile pour collecter, traiter et synthétiser les données relevant de la notation extra-financière. Depuis la rentrée 2012, une collègue propose aux étudiants de première année un module optionnel de 30 heures pour les sensibiliser aux testes de références comme le GRI, le Pacte Européen, le Grenelle de l’Environnement, etc.

Quel est l’intérêt d’une telle démarche pour les étudiants et pour l’établissement?

Il est utile de montrer aux étudiants des perspectives différentes des pratiques court-termistes qui ont habituellement cours dans le milieu de la finance, et de leur faire découvrir que ces démarches ne sont pas nouvelles. Après tout, la première mesure de préservation durable de l’entreprise date du 19ème siècle, avec la création de la notion d’amortissement développée par les comptables pour contrer les financiers. Nous essayons également de préparer nos élèves à de nouvelles compétences comme le contrôle de gestion élargi, la responsabilité du développement durable et l’évaluation des notations extra-financières des entreprises.

 

SourceResponsible Business Magazine

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All, 2013

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